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Premier assassinat d'un policier français par l'ETA
ETA / Sarkozy: la France ne se laissera pas intimider. Ni par Chavez?

par Christian GALLOY, directeur de LatinReporters.com

MADRID, jeudi 18 mars 2010 (LatinReporters.com) - Deux jours après le premier assassinat d'un policier français par les séparatistes basques de l'ETA, le 16 mars à Dammarie-les-Lys (60 km au sud-est de Paris), le président Nicolas Sarkozy a déclaré solennellement que "la France ne se laissera pas intimider par les terroristes espagnols". Et par Hugo Chavez?
[Texte intégral et vidéo de la déclaration du président Sarkozy]

Pourquoi citer ici le président vénézuélien? Elémentaire, cher Nicolas. Votre ami José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, qui sera à vos côtés le 23 mars à Dammarie-les-Lys pour les obsèques du brigadier-chef Jean-Serge Nérin, tremble pour sa part devant Hugo Chavez. Le maître de Caracas menace d'expulser l'Espagne de l'exploitation du pétrole de l'Orénoque, car la justice espagnole accuse le gouvernement du Venezuela d'appuyer l'alliance terroriste entre l'ETA et la narco-guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Dans son acte d'accusation diffusé le 1er mars à Madrid et transmis depuis à Caracas, le juge espagnol Eloy Velasco ordonne la localisation et la capture de treize terroristes, six de l'ETA et sept des FARC, inculpés d'expérimentation en commun d'armes et d'explosifs dans des camps de la guérilla en Colombie et au Venezuela, ainsi que de la préparation d'assassinats de personnalités colombiennes, dont l'actuel président Alvaro Uribe, "en Espagne ou dans un autre pays de l'Union européenne (UE)".

Le champ d'action de cette alliance terroriste pouvant être l'UE, la France n'en est logiquement pas exclue. Hasard ou non, c'est du Venezuela que venait de débarquer l'un des trois etarras arrêté le 28 février en France, José Lorenzo Ayestaran, accusé en Espagne de dix assassinats.

Parmi les terroristes dont le juge Velasco demande au Venezuela l'arrestation et l'extradition figure Rodrigo Granda, bien en cour à Caracas. Vous le connaissez, Monsieur Sarkozy. Oui, il s'agit de celui qu'on surnomme souvent "le ministre des Affaires étrangères" des FARC. Le président colombien Alvaro Uribe libéra Granda en juin 2007 à votre demande expresse, cher Nicolas, car vous caressiez l'espoir (frustré) que ce geste facilite la libération d'Ingrid Betancourt. (Séquestrée par les FARC en février 2002, Ingrid ne fut libérée que le 2 juillet 2008, ainsi que 14 autres otages dont trois Américains, lors d'une opération spectaculaire de l'armée colombienne appuyée par la technologie américaine. La France sembla parfois revendiquer ce succès auquel elle était totalement étrangère).

S'il s'agit de ne pas se laisser intimider, allez-vous, Monsieur le président Sarkozy, inviter Hugo Chavez, sinon à faire dans son pays un nettoyage dont bénéficieraient tant la France que la démocratie espagnole, du moins à collaborer avec la justice d'un pays européen dont les problèmes éclaboussent l'Hexagone?

Le responsable des FARC en Europe, avec résidence probable en Suisse, et la responsable de cette guérilla en Espagne sont aussi parmi les terroristes poursuivis par la justice espagnole. Les FARC ont-ils un représentant en France? Cherchez-vous, Monsieur Sarkozy, à l'identifier et à le poursuivre? Des parents de chefs des FARC sont -ils toujours en France, qui leur offrit logement et pécules lorsqu'il s'agissait encore de favoriser la libération d'Ingrid Betancourt? Sont-ils impliqués ou non dans l'alliance FARC-ETA?

Enfin, est-on sûr à Paris que le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero, en mal de bilan positif à la mi-législature et devancé dans les sondages par l'opposition conservatrice, ne va pas tenter de mettre à son crédit une paix, fût-elle honteuse, en rouvrant avec l'ETA des négociations débouchant sur l'amnistie des assassins du brigadier chef Jean-Serge Nérin?

Bref, Monsieur le président Sarkozy, diverses questions méritent réponse avant qu'on puisse se persuader que "la France ne se laissera pas intimider par les terroristes", espagnols ou autres.

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