Accueil   |  Politique   |  Economie   |  Multimédia   |  Société   |  Pays+dossiers   | Forum 
Google
 
Web LatinReporters.com

Chili-Union européenne: l'accord d'association confirme et renforce la crédibilité du Chili

Par Diego Benavente, économiste

 
La ministre démocrate-chrétienne des Relations extérieures, Soledad Alvear, et le président du Chili, le socialiste Ricardo Lagos, sont politiquement renforcés par l'accord avec l'UE
© Ministerio de Relaciones Exteriores
© Presidencia de la Republica
SANTIAGO DU CHILI, mercredi 8 mai 2002 (latinreporters.com) - Le Chili a fait preuve de maturité politique et de solidité économique en des temps qui semblent peu encourageants pour l’Amérique du Sud. Cette crédibilité a facilité l'aboutissement, annoncé le 26 avril, de la négociation d'un accord d'association politique et économique avec l'Union Européenne (UE).

Le président chilien, le socialiste Ricardo Lagos, voit en cet accord "un vote de confiance" plaçant son pays en meilleure position face aux difficultés qu'affrontent les pays latino-américains. Le sommet Union européenne-Amérique latine de Madrid, les 17 et 18 mai, enregistrera l'accord Chili-UE, dont le texte définitif devra ensuite être soumis aux approbations parlementaires.

Au Chili, la plupart des premières réactions à l'accord sont positives et on s'attend à un large consensus parlementaire. Pour sa part, le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, estime qu'il s'agit de l'accord d'association le plus ambitieux signé jusqu'à présent par l'UE, car il va au-delà des engagements contractés au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). On peut en effet parler d'alliance stratégique permettant de visualiser ensemble le contexte international.

VOIR AUSSI:

Chili: une socialiste,
fille de prisonnier
torturé, nommée
ministre de la Défense

Chili-législatives:
la droite talonne
le centre gauche

Chili: le score de
la droite ultra,
enjeu des
législatives

Le Chili va voter
en ignorant Pinochet
aux législatives
du 16 décembre

Dossier Chili

Sur le plan de la coopération, l'accord couvre trois secteurs: économique et financier, technique et science et technologie. L'un des éléments les plus significatifs de ce triptyque est que, dans le cadre de l'augmentation de la coopération entre les deux parties, il laisse la porte ouverte à l'évaluation de la participation du Chili à des programmes auxquels n'ont accès aujourd'hui que les Etats membres de l'UE.

Les aspects sociaux de l'accord sont également importants. Ils accordent la priorité à la création d'emplois, au respect des droits sociaux fondamentaux, à l'égalité hommes-femmes,  aux conventions collectives, à la non-discrimination, ainsi qu'à l'abolition du travail forcé et du travail des enfants.

L'Union Européenne est le principal partenaire commercial du Chili, le premier marché pour ses exportations, ainsi que sa plus importante source d'investissements étrangers et de coopération internationale au développement. L'accès, pour les produits chiliens, à la population des 15 pays de l'UE signifiera l'amplification du marché local de 15 millions de Chiliens à 370 millions de consommateurs potentiels.

En 2001, les échanges commerciaux entre le Chili et l'Union Européenne se sont élevés à 7,658 milliards de dollars. De 1974 à 2001, les pays de l'UE ont investi 17,629 milliards de dollars au Chili. L'Espagne, le Royaume-Uni, l'Italie et les Pays-Bas figurent parmi les investisseurs les plus importants.

En vue de diversifier et d'étendre les relations commerciales, l'accès aux marchés sera libéralisé de forme progressive et réciproque pour les marchandises et les services. En outre, le climat sera amélioré pour les investisseurs et un mécanisme efficace, neutre et rapide a été accordé pour trancher les litiges.

Quelque 99,5 % de exportations industrielles du Chili pourront entrer librement dans l'Union Européenne dès la signature de l'accord. Les engrais, le sel, le bois, le papier et les textiles seront, parmi d'autres, des produits favorisés par un abaissement immédiat des droits de douane. Pour les produits européens, l'abaissement douanier s'échelonnera sur sept ans pour une liste de marchandises sensibles, tels les produits chimiques, les peintures et le plastique, ce qui donnera au Chili un délai suffisant pour s'adapter au nouveau cadre concurrentiel en augmentant sa productivité.

Dans le secteur agricole, les quotas d'exportations chiliennes ont été augmentés pour les viandes rouges (1.000 tonnes) et blanches (7.250 tonnes), pour le porc (3.500 tonnes) et pour l'agneau (5.000 tonnes). Quelques produits "vedettes" chiliens, tels que raisins et pommes, bénéficieront de la suppression immédiate des taxes douanières dans les limites de leur quota.

La plupart des produits agro-industriels - jus de fruit, concentrés de tomate, conserves de fruits - sont restés dans la liste des produits pour lesquels la réduction des taxes douanières s'échelonnera sur quatre ans, ce qui laisse le Chili dans une position avantageuse par rapport à ses concurrents les plus directs, comme l'Argentine, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud.

En ce qui concerne la pêche, la plupart des merluches et des saumons chiliens sont inclus dans l'accord, ce qui permet d’améliorer leur accès à l'Union Européenne.  Un protocole de réciprocité s'appliquera aux investissements du secteur. La souveraineté sur l’exploitation des ressources marines de la côte chilienne reste intacte, mais les investisseurs européens pourront prendre le contrôle jusqu'à 100% de sociétés chiliennes du secteur de la pêche, alors qu'actuellement la prise de participation est limitée à 49%. Ce sujet reste controversé au Chili.

Quant aux vins et liqueurs, le Chili s'est assuré la protection de plusieurs marques exportées vers l'Union Européenne. Une avance significative a été réalisée en matière de protection réciproque des mentions d'origine sur tous les marchés mondiaux, le Chili acceptant de respecter les appellations traditionnelles des vins européens. Enfin, l'abaissement progressif de droits de douane sur les vins chiliens vendus dans l'UE favorisera les producteurs chiliens par rapport à leurs concurrents d'Australie et des Etats-Unis.


  Accueil   |  Politique   |  Economie   |  Multimédia   |  Société   |  Pays+dossiers  
 

© LatinReporters.com - Amérique latine - Espagne
Nos textes peuvent être reproduits s'ils sont clairement attribués à LatinReporters.com avec lien actif vers notre site (ou mention de notre adresse http://www.latinreporters.com si reproduction sur support autre qu'Internet).