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Espagne: marée humaine contre un dialogue avec l'ETA

La manifestation contre un dialogue avec l'ETA à la une de tous les quotidiens espagnols
Photo LatinReporters.com
MADRID, dimanche 5 juin 2005 (LatinReporters.com) - A l'appel de l'Association des victimes du terrorisme, plusieurs centaines de milliers de manifestants -240.000 selon le préfet de Madrid et 850.000 selon la police municipale- ont défilé samedi à Madrid pour s'opposer à un éventuel dialogue du gouvernement socialiste espagnol avec les séparatistes basques de l'ETA.

La disparité des chiffres s'explique par les obédiences respectives de ceux qui les avancent: le préfet relève du gouvernement national et la police madrilène dépend d'une mairie contrôlée par le Parti populaire (PP, opposition conservatrice). Quoiqu'il en soit, Madrid n'avait plus vu une telle multitude depuis la marche contre les attentats islamistes de mars 2004 ou depuis les grandes manifestations de 2003 contre la guerre en Irak.

Hormis le PP, qui défilait avec son état-major, aucun parti ni syndicat n'appuyaient la manifestation. Présent, l'ex-chef de gouvernement conservateur José Maria Aznar a été applaudi au cri de "Président! Président!". Il avait pourtant tenté de négocier avec l'ETA en 1999.

Les manifestants criaient aussi "Zapatero démission", attaquant donc l'actuel président du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero. La banderole de tête de la manifestation clamait: "Pas de négociation en mon nom". Les points de départ et d'arrivée du cortège étaient des places madrilènes où avaient péri des militaires et des gardes civils victimes de voitures piégées de l'ETA.

"Le PP a converti la mobilisation des victimes [du terrorisme] en une protestation contre Zapatero" sous-titre dimanche à la une le quotidien pro-socialiste El Pais. Effectivement, même si Madrid est un fief de la droite, jamais des centaines de milliers de manifestants n'y avaient conspué un gouvernement de gauche.

"Pour la première fois, la droite espagnole ou le centre droit, si l'on préfère, est sorti dans la rue pour manifester de manière civique" constate le journal centriste El Mundo. Il en déduit que "les protestations de rue ont peut-être cessé d'être le patrimoine de la gauche sociale et politique".

855 morts et 2.500 blessés

A sa demande, le gouvernement socialiste de M. Zapatero avait reçu le 17 mai dernier l'aval de la majorité du Congrès des députés pour ouvrir un éventuel "dialogue" (le mot "négociation" était soigneusement évité) avec les indépendantistes basques de l'ETA, à condition qu'ils renoncent définitivement à la violence.

Seul le PP -mais avec 148 députés sur 350, il réunit 42% des élus de la Chambre basse- s'était opposé à cette résolution. Le président du PP, Mariano Rajoy, avait accusé le gouvernement de "trahir les morts".

Selon le site Internet de la garde civile, l'ETA a perpétré 855 assassinats depuis 1968. Parmi ces victimes figurent 478 militaires et membres des forces de l'ordre, y compris plusieurs généraux. Après consultation de diverses archives, LatinReporters.com estime à quelque 2.500 le nombre de blessés lors d'actions de l'ETA, qui n'a plus commis d'attentat mortel depuis mai 2003.

La vice-présidente du gouvernement socialiste, Maria Teresa Fernandez de la Vega, affirmait vendredi qu'un éventuel succès de la manifestation de samedi n'entraînerait pas de modification de la politique gouvernementale.

Avec des accents divers, cette affirmation est désormais considérée prématurée par la totalité des éditorialistes madrilènes. Même selon le pro-socialiste El Pais, "il est logique qu'ils [les victimes du terrorisme et les manifestants] exigent d'être écoutés. Le gouvernement devra tenir compte de leur opinion, mais pas seulement d'elle".

José Luis Rodriguez Zapatero s'est limité, dimanche, à prendre note de la mobilisation populaire contre un dialogue avec l'ETA, déclarant que "le gouvernement écoute [les manifestants] avec respect, de la même façon qu'il écoute le PP au Parlement".

Au moment où la multitude défilait à Madrid, plusieurs dizaines de milliers de sympathisants de l'ETA marchaient au Pays basque, à Bilbao, pour réclamer eux, mais à leurs conditions, des négociations de paix avec le gouvernement de Madrid.

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