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Premier enfant de Letizia Ortiz et du prince Felipe attendu pour novembre
Espagne - Niño o niña? La grossesse de la princesse Letizia est une affaire d'Etat

31 octobre 2003: la veille de l'annonce de ses fiançailles avec le prince Felipe, Letizia Ortiz présente pour la dernière fois le journal télévisé - Photo LatinReporters.com
MADRID, mardi 10 mai 2005 (LatinReporters.com) - Niño o niña? (Garçon ou fille?) Palais royal, gouvernement, partis politiques et médias s'interrogent et transforment en affaire d'Etat la première grossesse de la princesse Letizia, épouse du prince héritier Felipe. Leur fils, si c'en est un, hériterait à coup sûr un jour de la couronne. Mais une fille serait menacée par la loi salique si la Constitution n'était pas révisée.

L'article 14 de la Constitution espagnole prohibe toute discrimination pour raison de naissance, de race, de religion, d'opinion ou de sexe. Néanmoins, pour la succession au trône, l'article 57/1 préfère "l'homme à la femme" dans la même ligne et le même degré.

Ce vestige de loi salique est pris à partie par la quasi totalité des élus et des éditorialistes espagnols. L'annonce, dimanche par le Palais, de l'approche d'un heureux événement a relancé le débat.

L'ex-journaliste de télévision Letizia Ortiz, une divorcée consacrée princesse des Asturies en épousant le 22 mai 2004 le prince héritier Felipe, accouchera à la fin de l'année, probablement en novembre, d'un premier enfant. Il occupera la deuxième ligne dans la succession à la couronne, après le prince Felipe lui-même. Ce dernier deviendra Felipe VI lorsqu'il succédera à son père, le roi Juan Carlos Ier.

Activiste de la parité homme-femme, à la tête d'un gouvernement comprenant un nombre égal de ministres de chaque sexe, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero promettait dès son investiture, en avril 2004, de jeter aux oubliettes la loi salique. Il voudrait le faire en fin de législature, en 2008, mêlant dans une même révision constitutionnelle l'accès à la couronne, la référence à la Constitution européenne (pour autant qu'elle soit alors en vigueur), la dénomination des régions autonomes espagnoles et une réforme du Sénat.

Pourquoi en fin de législature? Pour faire d'une pierre deux coups. Une révision de la Constitution touchant la couronne doit en effet non seulement être approuvée à la majorité des deux tiers de chacune des deux Chambres, mais aussi être suivie de la convocation d'élections. Les nouveaux députés et sénateurs devront confirmer, toujours à la majorité des deux tiers, la révision constitutionnelle. Cette dernière, enfin, sera soumise à un référendum national. En codifiant une procédure aussi lourde, les pères de la Constitution postfranquiste de 1978 avaient voulu blinder la monarchie.

Et pourquoi mêler suppression de la loi salique à d'autres modifications de la Constitution? Afin que le référendum clôturant la révision constitutionnelle ne tourne pas en référendum sur la monarchie.

Celle-ci a été rétablie en la personne de Juan Carlos Ier en 1975, à la mort et selon le voeu du général-dictateur Francisco Franco, qui avait écrasé la République lors de la guerre civile de 1936-1939. Par nécessité ou par conviction, le roi Juan Carlos a choisi la démocratie. Son opposition décisive à la tentative de coup d'Etat militaire du 23 février 1981 a assis son prestige et sa popularité.

Républicanisme pas mort

Mais le républicanisme n'est pas mort en Espagne. Latent au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de M. Zapatero, il est clairement affiché par les écolo-communistes d'Izquierda Unida (IU, Gauche unie) et par Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne). Or, IU et ERC sont les deux alliés parlementaires sans lesquels les socialistes de M. Zapatero ne gouverneraient peut-être déjà plus. Le PSOE ne contrôle en effet qu'une majorité relative des députés et il est minoritaire au Sénat.

On comprend, dès lors, pourquoi l'ex-ministre conservateur Eduardo Zaplana, porte-parole parlementaire du Parti populaire (PP, premier parti de l'opposition) juge urgent de réviser la Constitution pour y assurer l'égalité des sexes dans l'accès au trône, sans y mêler nécessairement d'autres dossiers. Il souhaite en fait des élections anticipées. Même si le PP les perdait, il apparaîtrait, à la veille du référendum consacrant la révision constitutionnelle, comme le plus farouche défenseur apparent de la monarchie. Le PP mise, sans doute non sans raison, sur l'irruption d'un républicanisme débridé et déstabilisateur pour les socialistes à l'occasion d'un tel référendum.

On comprend aussi pourquoi tant le roi Juan Carlos que le prince Felipe viennent d'estimer que l'effacement de la loi salique dans la Constitution "n'est pas urgent".

Opinion partagée par le ministre socialiste de la Justice, Juan Fernando Lopez Aguilar, et par le président du Conseil d'Etat, Francisco Rubio Llorente. Selon eux, une révision constitutionnelle après la naissance du premier enfant de Letizia et Felipe pourrait avoir des effets rétroactifs et assurer qu'une fille devienne héritière de la couronne plutôt que l'un des ses frères qui naîtrait postérieurement.

Mais si la rétroactivité était admise, l'infante Elena, soeur aînée du prince Felipe écartée de la succession par la loi salique, ne pourrait-elle pas revendiquer la qualité d'héritière du trône?

Un autre ministre socialiste, José Bono, titulaire de la Défense, souhaite une révision rapide de la Constitution, rappelant en substance que des manipulations de la loi salique provoquèrent en Espagne les guerres carlistes du 19e siècle. Ces guerres furent l'un des creusets de l'indépendantisme basque et catalan.

Conclusion: l'Espagne officielle espère discrètement que Felipe et Letizia auront le patriotisme d'engendrer d'emblée un garçon. La suppression de la loi salique et ses avatars pourraient alors être reportés d'une génération.

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