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Le président colombien Uribe victime potentielle / Hugo Chavez nie
Le Venezuela appuie l'alliance terroriste FARC-ETA selon la justice espagnole

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Capture d'écran TVE par LatinReporters
Le 21 juin 2008 déjà, sous le titre "FARC-ETA, liens de sang", la chaîne publique espagnole TVE diffusait un reportage dans lequel est insérée une vidéo montrant un chef présumé de la guérilla colombienne des FARC qui lit un communiqué de soutien à l'autodétermination des Basques.    Voir reportage (21'29" en espagnol)

MADRID, mardi 2 mars 2010 (LatinReporters.com) - La coopération entre indépendantistes basques de l'ETA et guérilla colombienne des FARC est connue et sous enquête depuis 2008. La justice espagnole vient d'y ajouter un ingrédient politico-diplomatique explosif, accusant le Venezuela présidé par Hugo Chavez d'appuyer cette alliance terroriste nouée pour tenter d'assassiner notamment Alvaro Uribe, président de la Colombie. L'Espagne demande des explications à Caracas. Hugo Chavez nie et parle de complot orchestré par "l'empire yankee".

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Dans un procès-verbal diffusé le 1er mars à Madrid, le juge espagnol Eloy Velasco Nuñez ordonne la localisation et la capture de treize présumés terroristes, six de l'ETA et sept des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), inculpés notamment de préparation d'assassinat de personnalités colombiennes "en Espagne ou dans un autre pays de l'Union européenne". Parmi les victimes potentielles citées figurent Alvaro Uribe et Francisco Santos, actuels président et vice-président de la Colombie, l'ancien président colombien Andres Pastrana, l'ex-ambassadrice à Madrid et ex-ministre des Affaires étrangères Noemi Sanin, ainsi qu'Antanas Mockus, ancien maire de Bogota.

Juge d'instruction de l'Audience nationale, l'instance judiciaire espagnole compétente en matière de terrorisme, Eloy Velasco affirme que les FARC auraient demandé à l'ETA d'effectuer des repérages en Espagne pour y assassiner ces personnalités. En contre-partie, la guérilla organisait, tant en Colombie qu'au Venezuela, l'expérimentation d'armes confectionnées par l'ETA et l'échange entre les deux organisations de connaissances et d'expériences relatives à la guérilla urbaine et aux explosifs (grenades, projectiles de mortiers, véhicules piégés).

"Coopération gouvernementale vénézuélienne"


Rappelant que l'organisation séparatiste basque et la guérilla colombienne sont cataloguées comme terroristes par l'Union européenne, le juge Eloy Velasco indique dans son procès-verbal que l'enquête "met en évidence la coopération gouvernementale vénézuélienne à la collaboration illicite entre les FARC et l'ETA".

Ladite enquête s'appuie sur des documents saisis notamment à des militants de l'ETA arrêtés en France, sur des témoignages d'anciens guérilleros des FARC et sur des informations trouvées dans les ordinateurs de Raul Reyes, l'ex-numéro deux des FARC tué en mars 2008 en Equateur par l'armée colombienne.

Selon le juge, la collaboration vénézuélienne s'est manifestée "spécialement dans le cas d'Arturo Cubillas Fontan", un membre de l'ETA nommé en 2005 à un poste de responsabilité au ministère vénézuélien de l'Agriculture et marié à une Vénézuélienne, Goizeder Odriozola Lataillade, qui a elle-même des responsabilités dans l'administration du président Hugo Chavez.

Arturo Cubillas Fontan est qualifié de "responsable du collectif de l'ETA au Venezuela" et dans cette partie de l'Amérique depuis 1999. Le juge Velasco lui impute "la coordination des relations entre les FARC et l'ETA et de la participation de membres de l'ETA à des cours de maniement d'explosifs et de techniques de guérilla urbaine".

Le magistrat assure en outre que des séparatistes basques accueillis par les FARC dans le cadre de leur coopération ont bénéficié d'une escorte militaire vénézuélienne.

Trois hauts responsables des FARC

Parmi les sept membres des FARC qu'il inculpe et dont il demande l'arrestation et l'extradition, le juge Velasco cite trois hauts responsables de cette guérilla colombienne :

- Luciano Martin Arango, alias Ivan Marquez, membre du secrétariat de lEtat-major central des FARC, l'instance suprême de la guérilla. Considéré par les médias colombiens et espagnols comme proche d'Hugo Chavez, qui appelait en janvier 2008 l'Europe à reconnaître les guérillas colombiennes, Ivan Marquez a hérité, selon ces médias, de la fonction de principal porte-parole international des FARC qu'assumait l'ancien numéro deux Raul Reyes, abattu en mars 2008.

- Rodrigo Granda Escobar, alias Ricardo Granda. Membre de la Commission internationale de la guérilla, souvent surnommé le "ministre des Affaires étrangères" des FARC, il fut libéré en juin 2007 par les autorités colombiennes à la demande du président français Nicolas Sarkozy dans l'espoir (frustré) que ce geste facilite la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. (Séquestrée par les FARC en février 2002, Ingrid Betancourt fut libérée le 2 juillet 2008, ainsi que 14 autres otages dont trois Américains, lors d'une opération spectaculaire menée par l'armée colombienne).

- Omar Arturo Zabala Padilla, alias Lucas Gualdron. Membre de la commission internationale des FARC et responsable en Europe de cette organisation, il pourrait "résider actuellement en Suisse" note le juge Velasco.

Le magistrat demande dans son procès-verbal aux ministères espagnols des Affaires étrangères et de l'Intérieur d'effectuer les démarches nécessaires auprès des autorités de Cuba "et en particulier du Venezuela" pour qu'elles coopèrent à l'extradition de certains des treize suspects résidant selon lui dans ces deux pays. L'importance des trois dirigeants des FARC cités plus haut fait douter de la bonne fin de la requête d'extradition les concernant.

L'Espagne a demandé des explications au Venezuela. "En fonction de ces explications, le gouvernement espagnol agira" a annoncé lundi le président du gouvernement de Madrid, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. La réaction de l'opposition conservatrice espagnole est plus tranchée. La secrétaire générale du Parti Populaire (PP, droite), Maria Dolores de Cospedal, croit que l'Espagne devra "envisager sérieusement de rompre les relations" avec le Venezuela si les accusations du juge Velasco se confirment.

L'affaire gêne manifestement l'Espagne, actuellement présidente de l'Union européenne et qui mise beaucoup, dans ce cadre, sur la réussite du sommet Europe-Amérique latine et Caraïbes prévu en mai prochain à Madrid. En outre, le gouvernement de M. Zapatero, très critiqué sur ce point par l'opposition, s'est efforcé de développer avec le Venezuela et Cuba des relations plus cordiales que celles maintenues avec Caracas et La Havane par nombre d'autres pays occidentaux.

Chavez : "résidu colonial" et "complot yankee"

De Montevideo, où il assistait à l'investiture du nouveau président uruguayen José Mujica, Hugo Chavez a réagi lundi en qualifiant de "triste résidu du passé colonial [espagnol]" les accusations du juge Velasco. Il les a aussi situées dans le cadre d'un complot orchestré par "l'empire yankee".

Un communiqué du ministère vénézuélien des Affaires étrangères reproche à la justice espagnole de ne pas rappeler "qu'un citoyen auquel elle fait référence [Arturo Cubillas Fontan] vit au Venezuela depuis mai 1989 suite à des accords conclus par [l'ex-président vénézuélien] Carlos Andres Perez avec [l'ex-président du gouvernement espagnol] Felipe Gonzalez" pour éloigner d'Espagne des activistes de l'ETA. Le reproche est infondé, car la déportation d'Arturo Cubillas Fontan en mai 1989 au Venezuela est mentionnée en page 4 du procès-verbal du juge Velasco. En outre, on devrait savoir à Caracas que c'est sous la présidence d'Hugo Chavez qu'Arturo Cubillas Fontan est entré dans l'administration gouvernementale du Venezuela.

Le même communiqué vénézuélien juge "inacceptables" les allégations de la justice espagnole. "Le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela a pris connaissance par voie de presse de l'acte d'accusation émis par un juge espagnol dans lequel figurent des remarques inacceptables de nature politique et guidées par des motivations politiques sur le gouvernement vénézuélien", dit le communiqué.

Le gouvernement d'Hugo Chavez en fait donc une affaire politique. Justifie-t-il ainsi implicitement son refus de contribuer à la recherche judiciaire de la vérité? Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, prétend toutefois, après s'être entretenu par téléphone avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro et avec le président Chavez, que le Venezuela se dit "disposé à collaborer avec la justice".

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