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Second tour: les sondages prévoient un écart de plus de 20 points
Brésil-présidentielle: Lula triomphera d'Alckmin grâce au social et malgré la corruption

Le président Lula: icône adulée, malgré la corruption
Photo Ricardo Stuckert (Brasilia 27.10.2006)
RIO DE JANEIRO, samedi 28 octobre 2006 (LatinReporters.com) - Surpris au premier tour par un ultime scandale de corruption, Luiz Inacio Lula da Silva devrait, selon les sondages, être réélu au second tour, le 29 octobre, à la présidence du Brésil avec plus de 60% des voix. Icône des pauvres, Lula a acculé son adversaire, le social-démocrate Geraldo Alckmin, lui prêtant l'intention de privatiser et de réduire les avantages sociaux.

La poste, la Caisse économique fédérale, qui permet aux revenus modestes d'entrer dans le circuit de l'épargne, et le joyau du Brésil, Petrobras, multinationale publique des hydrocarbures... Prenez garde! Tout cela sera privatisé si arrivait au pouvoir le candidat des patrons, le social-démocrate de droite Alckmin, qui effacerait en plus le programme Bourse-Famille, filet de survie de 11 millions de foyers brésiliens...

Ces menaces n'apparaissent nulle part à la lecture du programme de la coalition menée par le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, centre droit) de Geraldo Alckmin, mais elles lui collent à la peau. Car Lula et son Parti des travailleurs (PT, gauche) n'ont cessé de les marteler pour répondre avec succès, dans les meetings et lors de quatre face-à-face télévisés, à l'épouvantail de la corruption gouvernementale agité par Alckmin. Cette stratégie sournoise du PT s'est prévalue des privatisations lancées par le PSDB sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).

Ancien gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, poumon économique du Brésil, le médecin anesthésiste Geraldo Alckmin, 53 ans, risque précisément l'anesthésie électorale. Unanimes, les sondages lui prêtent moins de 40% des intentions de vote contre plus de 60% à l'ex-ouvrier métallurgiste Lula, icône de la gauche latino-américaine. Lula en savourait d'autant mieux, vendredi à Brasilia, le gâteau de ses 61 ans.

Alckmin prévient que les sondages ne sont pas la Bible. Ils lui attribuaient souvent moins de 30% des voix avant le 1er octobre, date du premier tour de l'élection présidentielle. Mais il en obtint 41,64%, talonnant les 48,61% de Lula. Deux jours avant ce premier round, les journaux brésiliens publiaient à la une des photos de liasses de billets de banque saisis par la police. Selon des accusations portées en justice et qui ont provoqué des démissions au sein du PT, cet argent, l'équivalent de 800.000 dollars, devait permettre au parti de Lula d'acheter des dossiers fabriqués pour discréditer avant les élections Geraldo Alckmin et un autre notable social-démocrate, José Serra, élu gouverneur de l'Etat de Sao Paulo.

Mais à la veille du second tour, les paramètres sont différents. L'impact électoral de la corruption, qui a miné les deux dernières années du mandat de Lula, recule face à la crainte de perdre des avantages sociaux. Selon la prestigieuse Fondation Gertulio Vargas, Lula aurait tout de même ramené en quatre ans de 28,1% à 22,7% le taux de pauvreté, soit le taux le plus bas depuis 25 ans.

En outre, Lula semble bénéficier du report naturel sur son nom des 9,5% d'électeurs réunis au premier tour par deux dissidents du PT, la sénatrice Heloisa Helena et l'ex-ministre Cristovam Buarque, qui reprochent au parti de Lula sa modération et même son "embourgeoisement".

Alckmin et Lula ont tiré leurs dernières cartouches vendredi soir à Rio de Janeiro, en duel devant les caméras de TV Globo, reine de l'audio-visuel brésilien. Le candidat social-démocrate a surpris son adversaire en l'accusant de privatiser à son tour rien de moins que l'Amazonie, où des entreprises privées brésiliennes et étrangères peuvent exploiter la forêt pour une période de 30 ans renouvelable.

Lula a rétorqué qu'il s'agissait de "concessions et non pas de privatisation" pour empêcher "l'exploitation illégale" de la forêt. Cherchant lui aussi l'effet boomerang, le président a affirmé que la corruption, tant dénoncée par Alckmin, affleure aujourd'hui car elle est poursuivie, alors qu'auparavant "on la cachait sous le tapis".

Outre la corruption, l'économie et la politique étrangère ont également alimenté les critiques de Geraldo Alckmin pendant la campagne du second tour de l'élection présidentielle.

Il a accusé Lula de détruire l'industrie, victime de taux d'intérêt élevés, ajoutant que la croissance du Brésil, évaluée à 2,3%, est l'une des plus faibles en Amérique du Sud. Cet argument sensibilise la classe moyenne, soit près du tiers des 185 millions de Brésiliens. Selon Alexandre Mendoça, professeur à l'Ecole d'économie de Sao Paulo, la classe moyenne souffrirait de la hausse des impôts et d'une faible croissance de l'emploi.

Alckmin a aussi joué sur la fibre nationaliste des 126 millions d'électeurs brésiliens, reprochant à Lula de trop s'effacer devant le bouillant vénézuélien Hugo Chavez et de ne pas défendre suffisamment les intérêts de Petrobras, victime comme d'autres multinationales de la nationalisation des hydrocarbures décrétée le 1er mai dernier en Bolivie.

Ces flèches ont porté. Le Brésil a retiré implicitement cette semaine son appui à la candidature du Venezuela au Conseil de sécurité des Nations unies, Brasilia se prononçant en faveur de la recherche d'un candidat de consensus qui mettrait fin au duel entre le Guatemala et le Venezuela pour occuper un siège réservé à l'Amérique latine. Le ministre brésilien des Relations extérieures, Celso Amorim, a par ailleurs averti La Paz que "le Brésil n'acceptera pas une décision unilatérale" et ne sera pas "l'esclave des délais" dans la négociation de nouveaux contrats pour l'exploitation du gaz et autres hydrocarbures en Bolivie.

Selon le gouvernement bolivien d'Evo Morales, les négociations devraient aboutir au plus tard ce week-end avec les multinationales. L'entreprise publique brésilienne Petrobras est celle qui a le plus investi en Bolivie. Elle y contrôle 47% des réserves certifiées de gaz naturel.

Au-delà des arguments rationnels, le mythe -fondé ou non- du métallo devenu président pour défendre les pauvres et la télégénique bonhomie paternelle de Lula sont ses meilleurs atouts pour conserver la présidence du Brésil.

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