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Guérillas et paramilitaires responsables de ce drame humanitaire
Colombie: 3 millions de personnes déplacées en 10 ans

Eglise du village afro-colombien de Bojaya bombardée le 2 mai 2002 par la guérilla marxiste des FARC (119 civils tués, dont 45 enfants) - Photo J. Casella - AGRANDIR
BOGOTA, dimanche 12 février 2006 (LatinReporters.com) - Le conflit interne en Colombie a déplacé près de trois millions de personnes au cours des dix dernières années selon un rapport de l'Eglise et d'une ONG. Les guérillas d'extrême gauche et les paramilitaires d'extrême droite sont désignés comme les principaux responsables de ce drame humanitaire.

Le rapport intitulé "Défis pour construire une nation. Le pays face au déplacement, au conflit armé et à la crise humanitaire 1995-2005" a été élaboré par la Conférence épiscopale de Colombie (CEC) et par l'organisation non gouvernementale CODHES (Consultoria para los Derechos Humanos y el Desplazamiento - Bureau de consultation pour les droits humains et le déplacement).

Alors que le gouvernement colombien évalue à 1.772.000 les personnes déplacées pendant la dernière décennie, le rapport élève à 2.942.842 le nombre de Colombiens réfugiés dans leur propre pays depuis 1995. "Les déplacements [forcés] individuels et unifamiliaux constituent le plus grand pourcentage, ce qui influe sur l'invisibilité relative du problème, vu que la réponse tend à se concentrer sur les déplacements massifs" explique le rapport.

"En moyenne, 300.000 personnes sont déplacées chaque année" en Colombie et il s'agit "d'un problème structurel" qui ne se ralentit pas a estimé le président du CODHES, Marco Romero, lors de la présentation du rapport à Bogota.

Selon le rapport, "les guérillas et les groupes paramilitaires sont les principaux auteurs d'expulsions de populations en Colombie". La CEC et le CODHES leur attribuent "au moins 70% des cas de déplacements" forcés.

Quelque trois quarts des personnes déplacées depuis 1995, soit plus de deux millions, auraient donc été chassées de leur lieu de résidence ou de travail par les groupes armés illégaux. Le rapport implique les guérillas dans 45 à 52% de ces plus de deux millions de cas et les paramilitaires dans 35 à 42%. Les fourchettes s'expliquent par les différences entre "les sources consultées". En dépit de ces chiffres, le rapport estime "que la tendance de la décennie analysée montre la primauté des groupes paramilitaires dans l'expulsion de populations".

Les déplacements forcés non attribués à la guérilla ni aux paramilitaires seraient dus essentiellement à "des agents violents non identifiés" et dans une moindre proportion "à la force publique".

La superficie des terres abandonnées par les Colombiens déplacés depuis 1995 est évaluée à 4,8 millions d'hectares. "Le déplacement forcé affecte principalement des minifundia, ce qui suggère des processus violents de concentration de propriété de la terre" précise le rapport. [Ndlr; la justice et la presse colombiennes dénoncent régulièrement l'existence de latifundia possédés par des prête-noms au service de la guérilla ou de paramilitaires].

Rappelant que les déplacements forcés sont "des infractions au droit international humanitaire", le rapport estime que l'impunité de leurs auteurs "facilite diverses formes de violence en tant que mécanisme de contrôle de territoires, de populations et de ressources".

Le rapport souligne encore que "les peuples indigènes [ndlr; indiens autochtones] et les communautés afro-colombiennes sont parmi les groupes de populations ayant souffert le plus l'exil et le dépouillement".

Le rapport de la CEC et du CODHES révèle aussi que:
-50% des Colombiens déplacés l'ont été alors qu'ils avaient moins de 15 ans.
-Le revenu moyen mensuel d'une famille déplacée est de 148.000 pesos (65 dollars), soit 40% du salaire minimum légal.
-Pour 58% des déplacés, "la relation avec la terre était l'élément central de la subsistance familiale... ce qui complique l'adaptation à des environnements urbains où ils arrivent sans biens, sans moyens de subsistance et sans racines".

Dans ses recommandations, le rapport prie les "acteurs armés" du conflit intérieur colombien de "respecter sans restriction le droit humanitaire international". Le gouvernement de Bogota est notamment invité "à rechercher la paix et à consolider des réponses durables incluant des processus de vérité, de justice et de réparation pour toutes les victimes de la confrontation, y compris celles qui furent forcées à la migration".

[Ndlr; le conflit colombien remonte à 1964. Depuis, il a fait plus de 200.000 morts et déplacé près de 4 millions de personnes.]

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