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Colombie-législatives: le président Uribe renforcé 2 mois avant la présidentielle

Le président Alvaro Uribe votant aux législatives du 12 mars 2006 à Bogota
Photo Miguel Angel Solano - SNE
BOGOTA, lundi 13 mars 2006 (LatinReporters.com) - Principal vainqueur, dimanche en Colombie, des élections législatives qu'a tenté en vain de torpiller la guérilla marxiste des FARC, le président conservateur Alvaro Uribe n'était pas candidat. Il le sera le 28 mai à un second mandat présidentiel, pratiquement acquis au vu de la majorité absolue de ses partisans aux deux chambres du Congrès.

Dissident du Parti Libéral (la branche de l'Internationale socialiste en Colombie), Alvaro Uribe Velez avait fait cavalier seul à la présidentielle de 2002 pour la remporter à la majorité absolue dès le premier tour grâce à un discours sans concession à l'égard de la guérilla. Dimanche, les six formations soutenant aujourd'hui le président Uribe -surtout le Parti de l'U (pour Unité), l'historique Parti Conservateur et Changement Radical- ont récolté 62% des 102 sénateurs et 56% des 166 députés (résultats après dépouillement de 95% des bulletins de vote).

Comme d'ordinaire en Colombie, l'abstention est élevée. Elle touche 59,5% des 26,59 millions d'électeurs, dont 10,78 millions ont voté. Près de 40 assassinats perpétrés par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, 17.000 combattants) pendant la campagne électorale et leurs menaces de mort à l'égard de ceux qui iraient aux urnes n'ont pas encouragé la participation. Porte-parole habituel de cette guérilla, l'agence de presse ANNCOL affirme que "l'abstention prive [le président] Uribe de légitimité".

Au Venezuela, l'abstention aux législatives du 4 décembre dernier fut de 75%. Les FARC et ANNCOL n'en louent pas moins toujours la "révolution bolivarienne" du président vénézuélien Hugo Chavez.

Le triomphe du camp uribiste dominera les quatre années de la nouvelle législature. Il est perçu comme un gage de la prochaine réélection du président Uribe, principal allié des Etats-Unis dans la région, et de la solidité enfin assurée de son appui parlementaire.

La ratification de l'accord de libre-échange signé le mois dernier avec Washington est désormais à l'abri d'une mauvaise surprise au Congrès de Bogota. L'indulgence relative et polémique à l'égard de paramilitaires d'extrême droite qui déposent les armes devrait être confirmée. Poursuite aussi de pourparlers ouverts à Cuba avec la seconde guérilla colombienne, l'ELN (Armée de libération nationale, entre 4.000 et 6.000 combattants). Et envers les FARC, maintien de la politique de fermeté dite de "sécurité démocratique", dont l'armée est le fer de lance.

Le président Uribe appelait néanmoins dimanche soir "les FARC à réviser leur conduite, à analyser la vocation démocratique des Colombiens, à considérer la possibilité d'un processus de paix sérieux et urgent".

En janvier dernier, l'état-major des FARC annonçait qu' "avec Uribe, il n'y aura pas d'échange humanitaire", rejetant un échange limité de prisonniers soutenu activement par la France, la Suisse et l'Espagne et dont bénéficierait notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla depuis le 23 février 2002.

Le journaliste colombien Ernesto Cortes Fierro estime que "le triomphe des forces uribistes [aux législatives] signifie la consolidation du projet politique" du président Uribe, "mais aussi la radicalisation des forces qui lui sont opposées".

La victoire uribiste coûte cher à l'opposition. Le Parti Libéral, tenant de la social-démocratie, paie la note la plus élevée. Il n'obtient que 17 sénateurs sur la trentaine qu'il escomptait et n'est plus désormais que le 3e parti du Congrès, après en avoir été le principal pendant un demi-siècle. Son candidat à l'élection présidentielle du 28 mai, l'ex-ministre de l'Intérieur Horacio Serpa, risque de clore sa vie politique dans une troisième et vaine tentative d'accéder à la charge suprême.

Selon le leader du Parti Libéral, l'ex-président Cesar Gaviria, "le paramilitarisme et l'argent facile ont joué un rôle important dans l'élection parlementaire" de dimanche.

Regroupée pour la première fois sous le sigle PDA (Pôle Démocratique Alternatif), une autre gauche naissante, plus radicale et plus moderne, mais non révolutionnaire (quoiqu'elle compte d'ex-guérilleros du M-19), a obtenu un score non négligeable, près de 10% des suffrages (et 11 des 102 sénateurs).

Cette nouvelle gauche avait remporté une victoire significative en octobre 2003, lorsque le syndicaliste Luis Eduardo Garzon, surnommé alors le "Lula colombien", fut élu maire de Bogota. Le PDA sera conduit à la présidentielle par un ex-président de la Cour constitutionnelle, Carlos Gaviria.

Si, le 28 mai, Alvaro Uribe n'était pas réélu à la présidence de la Colombie dès le premier tour, le Parti Libéral et le PDA pourraient tenter d'unir les forces antiuribistes avant le 18 juin, date d'un second tour éventuel.

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